Fragements de vie

Je vous parle de ma passion pour les fleurs, mes découvertes qui me font grandir, mes coups de blues, mon quotidien à essayer d'allier vie perso et vie professionnelle.

  • Fragements de vie

    S’inspirer du luxe

    Début de semaine sur les chapeaux de roue par une formation à la chambre des métiers « s’inspirer du marché du luxe ».

    J’en suis sortie la tête pleine, avec plein de compréhension sur un nouveau marché qui m’était encore jusque-là inconnu. De cette dernière, je retiens que pour travailler dans le luxe, il y a des codes, que c’est une posture, un mental à avoir lorsque soi-même on ne fait pas partie de ce milieu. J’ai compris aussi que tout secteur à son marché du luxe. Le marché du luxe est extrêmement créatif puisque la clientèle recherche l’unicité d’un objet et d’un service.

    On a beaucoup parlé de personna (cette notion qui consiste à savoir qui est ton client idéal ! Une notion marketing avec laquelle je ne suis vraiment pas à l’aise)

    Il n’empêche, mon cher journal, j’ai compris pourquoi certaines objections de mes carnets telles que, c’est trop cher, c’est trop beau pour écrire dedans. Elles proviennent du fait que je n’étais pas à la bonne place. Quant à mon désespoir de ne pas avancer, que mes carnets ne se vendent pas, ni en boutique de créateurs, ni sur internet, j’en ai l’explication.

    1. Mes carnets ne peuvent pas se vendre s’ils sont proposés dans un lieu qui n’est pas adapté ni par l’univers, ni par les personnes qui fréquentent ce lieu (ah ah sacrée personna, il est peut-être plus important que je ne le pensais!!!).
    2. Mes carnets ne peuvent pas se vendre sur internet car ils sont sensoriels et internet va annuler toutes les sensations qu’on peut éprouver, en regardant les détails, en les touchant, voire écouter le bruit du crayon sur le papier….
    3. Quant à la 3e raison, ils ne se vendront pas si je ne les défends pas en étant moi-même présente, si je n’ai pas la confiance en leur potentiel (ce qui revient à parler de mon potentiel)

    Mardi retour en magasin Nouvelle Couture, pas beaucoup de monde et un sentiment persiste, comme une ombre. Cette envie de rester à mi-temps est une excuse et en quelque sorte une planque pour ne pas développer mon plein potentiel créatif… « Le caillou est lancé dans la mare » N’ai-je pas une ambition plus grande ??? Ce lieu ??? cet atelier d’art partagé ??? Cet atelier, exposition, boutique ??? Mais une question tourne quand même en boucle : « veux-tu continuer à confectionner des carnets ?

    En attends d’avoir des réponses, je continue à broder, à chercher, j’ai hâte de découvrir la deuxième journée de la formation et comme je n’avais pas encore commencé de cahier pour janvier, j’en ai réalisé deux. Cette fois ci j’ai sorti ma machine de découpe pour matérialiser le mot qui m’était en tête : BLA BLA!

    recherche de forme pour broche.
    Sur mon bureau il y a...
    recherche de motif pour broche
  • Fragements de vie

    En ce début d’année 2022

    sur mon bureau, il y a de la broderie en cours.

    Top départ 2022 : Poser des mots pour redevenir

    Ça m’a fait du bien de poser par écrit ce que j’avais vécu ces derniers mois. Après avoir pensé tout abandonner, lâcher également mon site où il est vrai je ne mettais pas grand-chose, une pensée m’est venue.
    Transformer, distribuer de nouvelles cartes, établir de nouvelles règles de jeu.
    Ce blog, il m’est important pour ma mémoire, et réaliser le chemin parcouru. Sauf que je suis (j’étais) prisonnière des diktats, « conseils » glanés à droite et à gauche, glanés en formation à la Chambre des métiers.
    -Pour une visibilité, il faut faire ça, puis ça et le SEO et les réseaux sociaux.

    -Ton entreprise devrait faire ça, communiquer comme ça, mettre en avant tes valeurs.

    -Il faut parler à ta clientèle, établir ton personna, te démarquer de ta concurrence et patati et patata…

    Beaucoup de « il faut », de recettes miracles, mais peu de concret qui pourrait coller à ma réalité, mes capacités, et mes priorités de vie…

    L’idée du journal de bord.

    D’où la transformation de ce site en journal de bord. Un journal c’est un guide, c’est un compagnon, un garde-fou et, comme je le disais plus haut, un merveilleux garde mémoire. Confectionner et remplir d’une manière artistique des carnets, c’est un peu l’histoire de toute ma vie, alors pourquoi pas un journal de bord virtuel ! Ce qui fait peur dans le virtuel, c’est le côté acceptabilité, tout le monde peut avoir accès à moi… Bien que… Prenons l’exemple d’une photo ou d’un dessin : il montre mais ne dit pas tout pour autant. On peut faire cela avec les mots aussi, d’où l’expression « lire entre les lignes »

    Alors comment j’imagine mon journal ?

    extrait de mon journal papier

    Fouillis comme mes carnets papiers… Je ne sais pas vraiment faire du super construit. Je fonctionne un peu comme un puzzle, j’ai plein d’idées qui arrivent de toutes parts, j’essaie plein de choses dont bon nombre partent à la poubelle ! Et petit à petit, ça s’affine pour « devenir ». Bien souvent je fais des choses dont j’ignore la finalité. J’avoue que c’est épuisant parfois, mais j’apprends à vivre avec.

    Je souhaiterais échanger au sujet des nouvelles techniques que j’aborde, autour de mes réussites, mais aussi mes échecs, et voir si elles peuvent se combiner ensemble. Au moment où j’écris je suis très couture et tissu. Le fait de travailler à Nouvelle Couture, d’être entourée de machines à coudre, surjeteuses, brodeuses, me donne plein d’envies et j’apprends aussi de nombreuses techniques de confection.

    D’autre part, j’essaie d’être régulière dans le dessin et d’explorer l’illustration, c’est pas facile et les résultats sont plus que bof pour le moment. C’est étrange cette sensation de passer à une pratique qu’on aime « en passant » à une envie ou une volonté d’y aller, de se dire « pousse, plus loin, expérimente chaque jour, le trait, la couleur, la composition, le propos… Comme le musicien qui fait ses gammes ». J’essaie d’appréhender cela comme quand j’apprenais le fil au cirque. Le plus dur c’est de montrer… Il me faut travailler sur le « lâcher prise », tordre le cou à ce côté perfectionniste oublier le regard de l’autre… J’aimerais aussi aborder le motif car, mine de rien, c’est aussi une facette de l’illustration. Et dans le motif j’adore l’idée de l’infini, tout comme j’adore la technique pour le réaliser, autant manuellement qu’effectué avec photoshop.

    Enfin Je continuerai aussi mon voyage autour de la broderie. J’aime ce fil qu’on tire, les possibilités là aussi d’illustration, ses couleurs et ses différentes matières et textures.

    essai de motif
    Recherche d'assemblage d'un élément tissé sur carnet.

    Des questions, des questions et des inconnues.

    La grande inconnue sera de trouver quels seront les supports ???

    -La couverture de carnets,

    -La réalisation de tissu,

    -la décoration murale.

    Ça me fait rebondir sur ma maison, elle aurait tellement besoin d’un bon coup de décoration… Elle pourrait peut-être devenir mon terrain de jeu ??? Quoi que, ma garde robe aurait aussi besoin d’être refaite entièrement…On verra en attendant pour ne pas trop me surcharger, je ferai des récap’ semaine. Et le post d’aujourd’hui sera donc le numéro pilote.

    Hasta luego Journal !

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    La vie après

    Une période brumeuse

    Bientôt 2 mois que je ne suis pas retournée à l’usine. Je refais doucement surface. Je m’estime chanceuse d’avoir quitté cet univers si sombre, si glauque, si annihilant.

    La blessure de l’usine
    J’essaie de me convaincre que c’est une expérience comme une autre, mais je sens qu’elle marquera ma vie à jamais, telle une tâche indélébile. Plus qu’une expérience, c’est une blessure qui se transforme petit à petit. Aujourd’hui c’est une cicatrice encore bien fraîche, encore douloureuse, seul le temps pourra l’atténuer.

    J’ai voulu tout arrêter de mes rêves, de mes envies. J’ai vu ma vie se mettre en pause, s’arrêter, pourtant matin après matin je me suis levée à 3heures du matin pour commencer le taf à 4h.
    J’ai revêtu la tenue, j’ai encaissé les insultes morales, la pression d’une cadence inhumaine…. »plus vite, bons à rien ». À rien ? Non, bon à nous enrichir, nous les patrons, bon à nous décharger, nous les petits chefs de ligne….

    J’ai fait 9 mois dans une usine agro-alimentaire comme intérimaire.
    J’ai fait 9 mois dans des conditions humiliantes et impersonnelles. Un jour j’ai jeté 600kg de bouffe à cause d’une erreur de calcul de petit chef de ligne, j’ai ressenti une déchirure, moi qui bossais pour nourrir ma famille…

    Un autre jour je me suis amusée à compter : j’ai plié  1400 croissants dans l’heure… Sur la ligne on était 5. Prenons une moyenne de 1200 croissants pliés chacun, à nous 5 ça fait un total de 6000 croissants par heure. On travaillait tous 8h par jour avec seulement une pause d’une demi-heure. Le nombre produit par jour donne le vertige et la nausée…

    Une expérience inhumaine
    J’ai travaillé 9 mois en usine alimentaire entourée de zombies. Et j’en fais encore des cauchemars. Je vois la bouffe en quantité m’ensevelir, j’entends le bruit des machines, le brousaha. Je vois des personnes, des ombres blanches aux yeux rougis, des fantômes sans bouches qui me pressent le cœur. L’odeur d’une nourriture aseptisée me prend le nez…

    Une expérience, voilà ce que je veux retenir, due à cette crise sanitaire qui ne touche pas tout le monde de la même manière. J’ai vu des gens s’enrichir pendant que moi j’ai crevé la dalle, pendant que moi je devais abandonner ce rêve de vivre simplement d’une activité porteuse de sens… Le carnet c’était une manière de vivre autrement, d’être dans une confection slow, en respect du vivant, en respect de ce qu’on peut inscrire dedans.

    Tous vient de s’écrouler à cause de cette maladie « qu’on en meurt » mais ça me fait bien rigoler tout ça, qu’on ne me dise pas que je dois protéger ma vie, qu’on ne me fasse pas croire que j’ai le devoir de protéger les autres ! Je ne suis pas bête, je sais lire des chiffres, je sais ressentir les énergies. C’est une maladie de riche, une maladie contre le vivant, une maladie qui a mis sur la paille beaucoup d’entre nous, une maladie qui nous emprisonne dans un système. Fin de la polémique !

    En regardant cette feuille, je me demandais si j’allais être aussi légère…

    La synchronisation

    Cette période a complètement changé ma vision du monde, ma façon de penser. L’art, la création, les carnets ne sont plus du tout au centre de ma vie. je suis plutôt dans une période de survie, de protection face à cet environnement hostile.

    C’est une période où j’essaie de rencontrer des gens comme moi. Des gens qui sont en recherche d’authenticité et de simplicité.

    J’ai eu la chance de répondre à une annonce. Une boutique cherchait une vendeuse et démonstratrice de machine à coudre. C’était vraiment un poste pour moi, car il y a eu tout un concours de circonstances. Je comprends maintenant ces paroles qui disent de ne pas désespérer… Je comprends cette notion de synchronisation du vivant.

    Ce travail est loin de mon univers, bien que j’aie vu la chance et l’opportunité de pouvoir être entourée de machines incroyables, mais aussi me rapprocher de l’univers du textile (matières que j’aime tant). Les gens que je côtoie sont passionnés de loisirs créatifs ou espèrent se lancer dans l’entrepreneuriat autour de la couture. Je ne garderai pas ce poste éternellement car je remplace quelqu’un, mais au moins j’ai pu m’extirper de l’usine.

    Aujourd’hui je peux dire que je ne retournerai plus à l’usine. Tous les jours je dis merci à la vie et lui demande de me mettre sur un chemin de confiance. Des jours meilleurs arriveront. J’en suis certaine.

  • juin vert garance repères et expérience(s)
    Fragements de vie

    Expérience : Se remobiliser quand on perd ses repères

    Comment se remobiliser quand on perd tous ses repères? Aujourd’hui toute mon activité de créatrice est remise en cause à tel point que mes pensées négatives me disent « Marielle arrête tout! » Et il y a aussi cette deuxième voix qui me dit : « mais ce n’est pas possible, arrêter reviendrait à renier qui tu es, tous ce que tu as déjà accomplis… » La remise en question et le changement, la ré-organisation est plus que nécessaire et voici dont traite cet article.

    Alors comment continuer à avancer malgré la tempête ?

    • La confiance vis-à-vis de la vie, j’ai le sentiment que cette situation veut m’apprendre quelque chose. Pour l’instant je suis la tête dans le guidon mais je sais que ça ne durera pas.
    •  L’instinct de survie ou je devais plutôt parler de l’instinct vital . C’est lui qui m’aide à maintenir le cap, non sans cette peur qui parfois me paralyse lorsque je me projette dans l’avenir.
    • Quand cette peur panique arrive, je me concentre sur ce que mon corps sait, sur ce qu’il a appris quand j’étais danseuse sur fil (bref sur mes repères personnels) : un pas après l’autre et surtout pas de précipitation sinon le déséquilibre risque de me faire tomber.

    Rien que pour retrouver ces sensations, revisiter mon parcours de vie, là où j’ai réussi des exploits, je me dis que cette situation compliquée ne peut pas rester éternellement bloquée. Alors en attendant tout comme le départ sur le fil lorsque le premier pied se pose dessus : je relève la tête et m’apprête à traverser la situation du mieux que je peux, en gardant bien à l’esprit tout ce que je sais déjà faire.

    Je prends des initiatives comme celle de continuer à m’organiser, trouver des solutions, pour rester vigilante, ne pas m’endormir sur un travail d’usine assommant. Je souhaite rester disponible pour mes envies de créations quitte à les mettre de côté, les écrire dans un coin de cahier pour pouvoir les réaliser quand le temps sera plus propice.

    juin vert garance repères et expérience(s)

    Les grands bouleversements, faut-il en avoir peur ?

    À l’heure où j’écris, je traverse une situation inédite : celle de devoir travailler dans un domaine très loin de mes inspirations et de mes valeurs. Certains pourraient me dire après tous les diplômes et savoir-faires que tu as, tu n’as pas d’autres moyens de subvenir à tes besoins que de travailler à l’usine ??? À la manière des Temps modernes de Chaplin !

    Non, j’ai voulu aller au plus vite pour ne pas mettre en danger ma famille. Je ne veux pas que mes enfants se rendent compte des difficultés financières… Des difficultés à remplir le caddie pour manger.

    Et dans ce contexte plus que particulier, j’ai besoin de me ré-organiser et trouver de nouveaux repères pour ne pas perdre l’espoir en mon activité de création de carnets, en l’espoir de vivre indépendamment d’une grosse entreprise qui brise, exploite des hommes et des femmes, qui gaspillent outrageusement devant ces mêmes personnes qui triment pour gagner leur vie.

     

     

     

     

    Retrouver mes créations sur instagram

    vert garance juin
  • Fragements de vie

    Acheter un carnet de créateur

    Pourquoi acheter un carnet de créateur ?

    Si vous avez lu mon article précédent Les différentes fonctions du carnet, vous devez absolument lire celui-ci. Pourquoi acheter un carnet de créateur alors que des carnets, vous pouvez en acheter partout dans le commerce. Quelles sont les spécificités du carnet de créateur ? Quelles sont les différences fondamentales entre un carnet lambda et un carnet fait-main ? Qu’est-ce que cela implique d’en acheter un ? Je vous explique tout cela du mieux que je peux.

    Carnet du commerce ou carnet de créateur ?

    Tout le monde a le choix. Une personne peut choisir d’acheter un carnet lambda dans une grande surface ou une papeterie. Mais avec le temps, sa solidité, sa fiabilité est souvent mise à mal et des feuilles finissent trop souvent par se décoller. Il s’agit là de carnets pas chers, certes, mais cela implique une qualité moindre.

    Il est alors possible de choisir l’aspect inverse et investir dans les « grandes marques » (je pense à Moleskine, leuchttrum). Ces carnets sont solides, robustes, mais très (trop ?) classique. Ils sont tous semblables et, c’est vrai, un peu trop « lisses ». Il vous reste alors une troisième solution : choisir de travailler, d’écrire, de jouer avec des carnets de créateurs. C’est évidemment ce que je défends.

    En quoi est-ce « génial » de posséder un carnet de créateur ?

    Premier point, et pas des moindre, ce carnet est unique ! C’est vrai qu’il sera plus onéreux que ceux achetés dans le commerce, mais il possède plusieurs qualités ou valeurs. La première concerne l’éthique : éthique de fabrication, de rigueur, de choix de matériaux respectueux de l’environnement ou limitant l’empreinte carbone dans sa conception (matériaux recyclés, teintures végétales faites main, avec les fleurs de mon jardin etc)… Il possède de plus un savoir-faire technique et est réalisé, de sa conception à sa commercialisation, par l’ « Homme » (et pas par la machine).

    Vous valorisez, en achetant un carnet de créateur, la valeur-travail (et le travail bien fait même si des imperfections, qui lui confèrent une âme, subsistent), le respect d’une tradition remise au goût du jour, le savoir-faire d’un artisan artiste.

    Cela peut paraître anecdotique, mais écrire dans un carnet de créateur, c’est aussi un exercice ludique. Vous écrirez sur différentes matières de papiers, sur des formats qui ne sont pas forcément standards (et en plus vous pourrez même partir à la recherche des imperfections qui donnent de l’âme aux objets faits main!).

    carnet de createur

    Mes créations.

    Les carnets que je crée sont nés de mes envies d’expérimenter. Ils sont le fruit de mes besoins de toujours découvrir et d’assembler de nouvelles matières. C’est en expérimentant, en combinant mes savoir-faire que j’ai eu l’idée de relier différentes matières, différentes textures etc. Je crois également que de tels carnets peuvent vous permettre d’explorer votre créativité, vos envies en suivant, pourquoi pas, la courbe d’une feuille qui aura laissé son empreinte sur le papier.

    Je me sers, pour confectionner des carnets robustes, de ma formation de reliure classique (gage de solidité, de robustesse mais également d’amour du travail bien fait) pour créer des carnets alliant modernité et tradition. Aucune frontière ne s’impose dès que vous l’avez entre les mains ! Vous pouvez y écrire, dessiner, collecter des images, gribouiller, poétiser, coller des photos, bref, il vous appartient et vous pouvez en faire ce que bon vous semble !

    Mon expérience personnelle de «carnet addict ».

    J’utilise le carnet quotidiennement, qu’il me serve d’outil de développement personnel, d’organiseur, de collecteur d’idées (qui parfois arrivent très vites dans ma tête et qui peuvent repartir aussi vite qu’elles sont venues). Le carnet me permet de laisser une trace, de mieux apprendre à m’organiser, de mieux comprendre le monde qui m’entoure.

    Pendant la période du coronavirus, sans le carnet, j’aurai sombré dans la noirceur de la vie, c’est certain. Quant au carnet artistique, livre-objet et œuvre d’art, il me permet de n’avoir aucune limite sur ma créativité et d’arrêter le temps. C’est d’une jouissance exquise😉

    Et vous, êtes-vous « carnet addict » ?

    Comment le vivez-vous ?

    N’hésitez pas à me faire une demande si vous désirez acquérir un de mes carnets ou si vous souhaitez passer une commande particulière (je suis disponible pour vous confectionner le carnet dont vous rêvez!). Dans les deux cas, c’est avec plaisir que je vous proposerai le carnet qui correspond à vos envies et à vos besoins.

  • noire
    Fragements de vie

    Peut-on réussir sa carrière en tant que personne noire ?

    Je m’interroge sur la condition des femmes noires…

    … en particulier quand, comme moi, elles sont noires et plasticiennes. Bref, peut-on réussir quand on est noire et plasticienne ? Peuvent-elles réussir dans notre pays, ou dans tout autre pays à dominante blanche/caucasienne ? Cette question intervient dans cette période de faits horribles d’actualités, mais pas uniquement. En effet, ayant été danseuse puis artiste de cirque, en plus de simple citoyenne française, née à Paris, ma carrière a toujours eu du mal à « décoller ». Est-ce un frein dû à ma négritude ou bien quelque chose de plus profond, un manque de confiance inspiré par ma couleur de peau ?

    L’histoire de George Floyd ou Adama Traoré.

    Je ne sais pas si les deux événements ont tant en commun que cela. L’un était Français, l’autre Américain. Tous deux étaient noirs. Tous deux sont morts. Après un « contact » avec la police. La mort d’Adama Traoré en revanche reste sans réponses claires, tandis que celle de George Floyd a été filmée, ne laissant aucun doute quant aux causes de son décès. Tous les noirs savent que leur couleur est une cause certaine de contrôle plus ou moins poussé de la police. J’en ai personnellement fait les frais.

    Tout comme du racisme « ordinaire ». Même au sein de ma propre famille. Parce que j’ai été adoptée étant enfant, par une famille blanche (mes parents biologiques sont martiniquais), ce qui n’empêchaient pas certains propos très limites de s’inviter à table, en famille. Le quotidien quoi. Les effets sur moi, quant à ma couleur de peau, ont toujours eu des racines profondes, sur ma confiance en moi, sur ma condition de personnes. Celles-ci font qu’aujourd’hui, plus que jamais, je m’interroge.

    peinture sur bois, Vert Garance

    livre objet, Vert Garance

    Livre textile, Vert Garance

    La danse et le cirque.

    Je n’ai pas véritablement percé dans la danse. Je me suis sabordée toute seule, comme une grande (consciemment ou inconsciemment), alors que j’étais au conservatoire de Paris. Pourtant, j’en avais bavé pour arriver-là. Mais les mauvaises fréquentations. Bref… Au cirque, ça a mieux marché, mais j’ai subi le racisme sous une forme plutôt étrange, notamment quand j’apprenais la technique de fildefériste. Un de mes professeurs voulait que je fasse une Joséphine Baker sur fil, avec ceinture de banane et tout le toutim. J’ai refusé, évidemment. Puis en auditionnant pour une école célèbre de cirque, en France, je suis persuadé d’avoir été évincé parce que je ne faisais pas « couleur locale ».

    Ces refus et échecs ne m’ont pas empêché de créer mes spectacles et de vivre de mon art pendant des années. Aujourd’hui, je suis plasticienne relieuse, créatrice de carnets sensuels et ludiques. Et je m’interroge énormément sur les freins liés à ma couleur. En effet, très peu de gens de couleur percent dans le domaine de la création. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil sur les réseaux sociaux ou les boutiques de créateurs. C’est blanc de chez blanc, plus blanc que si c’était lavé avec Omo !

    Le regard que l’on nous porte et celui que nous nous portons nous-même.

    Alors cela vient-il de moi et d’un « délire » de persécution ou du regard que les autres me portent ? Sans doute des deux. Être noire, c’est ne pas être prise au sérieux, encore moins quand on est une artiste. Être noire, c’est devoir se justifier, en permanence. Cela vaut évidemment aussi au masculin. Je pense aussi que quelque chose s’installe en nous dès l’enfance, un sentiment qui ne nous quitte jamais vraiment, qui peut s’intensifie lorsque nous subissons une fouille au corps tandis que la personne qui nous accompagne, une blanche, ne doit que tendre sa carte d’identité.

    Pourtant, je suis fière de mes origines, de ma négritude. Je suis fière également d’être maman de trois enfants, métisses. Je me dis qu’eux auront sans doute la chance de ne pas subir, grâce à ce qui se passe actuellement, les mêmes sortes de contrôle au faciès. Surtout pas à cause d’un détail de pigmentation de leur peau. Ma couleur m’inspire des œuvres, des peintures, des « illustrations » dans mes carnets, tout un imaginaire également, sans pourtant remettre en cause ma capacité à faire de la reliure, aussi bien, peut-être mieux, que certains autres de couleur blanche. Pourtant, eux, se verront ouvrir plus de portes. C’est injuste, mais je continuerai mes créations parce qu’elles font partie de moi, qu’elles sont moi.

    Alors, peut-on réussir quand on est une femme noire et plasticienne ? je n’en sais rien, mais je me battrais pour et, peut-être, réussirai-je moi aussi ?

    Podcast sur le sujet : travail (en cours)

    https://louiemedia.com/travail-en-cours/10-injonction-pedagogie

    La genèse du livre objet :

    visage incrusté, « Carnet Afrique »

    Peinture sur toile, Vert Garance

    negritude
  • Fragements de vie,  Pratique artistique

    Être créatrice de carnets au temps du confinement

    etre creatrice

    Ça veut dire quoi être créatrice ?

     

    Tout d’abord, pendant ce confinement, je me suis demandée si j’étais bien une créatrice de carnets🤔. Je possède une technique classique de reliure donc on peut dire que je suis relieuse : je sais assembler un livre par une couture et je sais réaliser une couverture pour le protéger. Alors suis-je créatrice ??? et de carnet ??? où est le texte écrit, le bon vieux bouquin avec son histoire qui nous transporte hors de notre quotidien ??? Eh bien il n’est pas.

     

    1/Être créatrice de carnets c’est, pour moi, une notion bien plus grande :

     

    -Créateur ça suppose d’imaginer un design de carnet et d’être concepteur de celui-ci de A à Z. Réfléchir à la forme, aux matériaux et aux matières, couleurs. C’est aussi être équipé pour transformer ces éléments, c’est chercher des alternatives aux problèmes rencontrés et croire dur comme fer que tout est possible dans la conception. Cela consiste aussi à aller chercher des idées de fabrication nouvelles, mélanger certaines techniques et/ou matière pour obtenir un petit quelque chose d’unique.

     

    -Le carnet, lui, suppose une grande liberté de contenu de page. Mais ce qui me botte, ce qui est encore plus génial, c’est sa finalité. C’est le propriétaire lui-même qui raconte l’histoire qu’il veut raconter, que cela soit avec des mots (avec ou sans sens), avec du dessin (chiadé ou gribouillage) ou que cela soit pour coller des images. Le propriétaire du carnet est le seul maitre à bord, c’est lui qui a le dernier mot.

     

    -En tant que créateur ou créatrice de carnet, il va de soi que j’en possède de nombreux, de toutes les tailles, certains avec des écrits, d’autres avec des vides, des justes commencés, des pas finis, des sérieux, des pas du tout sérieux bref c’est une passion. Et évidemment, il va sans dire que j’aime écrire, dessiner, « crabouiller » toutes les idées qui me passent par la tête.

    2/ Être créatrice de carnet pendant le confinement.

     

    J’ai comme tout le monde été choquée par cette période. Il y a moins d’un an j’ai voulu essayer d’assumer mon statut de créatrice de carnets en tant que professionnelle. Malheureusement ma première expérience de boutique a été plus que difficile (vous pourrez retrouver des témoignages sur le blog). Donc, choc psychologique global qui a eu pour conséquence de mettre ma créativité en berne. Mais il se trouve que pendant ce temps de parenthèse des choses positives sont apparues. Car confinement ou pas, il faut connaître le rythme des créateurs.

     

    Tout d’abord il y a ce temps de recherche, qu’il soit actif ou passif, et ce temps peut parfois être très long. Personnellement il m’est arrivé de mettre plus d’un an pour aboutir à un projet. C’est long pour un projet d’à peine 20 cm sur 28 et d’une épaisseur de 6 cm😲.

     

    Puis il y a le temps de conception qui lui aussi peut être plus ou moins long suivant les obstacles rencontrés. Parfois il y a des temps de pause et le commencement d’un nouveau projet pour cause de commande ou d’urgence d’une idée qu’il me faut évacuer… Bref tout cela pour dire que le temps est l’un des partenaires (choisi ou imposé) du créateur.

    3/quelques créations du confinement.

     

    Pendant ce confinement, j’ai beaucoup joué, expérimenté sur l’impression écologique :

    – Avec l’ecoprint, même si le printemps n’est pas la meilleure saison du fait que le suc des feuilles est encore jeune. J’ai quand même essayé de nouvelles expériences avec des plantes comme le souci, la fleur de carotte, la feuille de marronnier. J’ai beaucoup plus expérimenté sur du tissu, ce qui m’a obligé à faire plus de recherches sur l’oxyde de fer (j’aurai occasion d’en reparler).

     

    -Sur la teinture de tissu, j’ai essentiellement travaillé l’avocat car j’aime les couleurs passées et ce résultat rose et une pure merveille. J’ai pas mal expérimenté le jaune avec le curcuma que je connais déjà bien, mais j’ai expérimenté aussi la pelure d’oignon. J’ai toujours eu un a priori avec cette matière, de peur qu’une odeur nauséabonde se répande dans la maison ou reste imprégnée sur le tissu, mais non ! Au contraire, belle surprise et rendu au top.

     

    -En création carnet, j’ai travaillé le format mini, même rikiki, le tout avec des reliures classiques. C’est fou c’est presque plus long à faire qu’un carnet « normal » ! Je me suis réellement amusée à les faire et cela m’a permis de mettre de la légèreté durant cette période étrange qui entravait mon envie de reprendre mon activité 😊.

    Aujourd’hui,

     

    j’ai plein d’envies pour mon activité. J’espère sincèrement qu’elle rencontrera son public, des personnes aimant s’exprimer à travers des pages. Et puis j’avoue aussi que créer une entreprise, c’est beaucoup de stress mais aussi beaucoup de bonheur. Un peu comme un enfant qu’on accompagne. On essaye de lui donner le meilleur et ce qui est génial c’est de grandir en même temps que lui. À très bientôt pour de nouveaux articles dans lesquels je vous parlerai de l’importance de tenir un carnet.

  • Fragements de vie

    Bilan : Coronavirus (53 jours de confinement) et botanique.

    coronavirus bilan

    Il est temps de faire le bilan de 53 jours de confinement, dû au coronavirus.

    Nous avons vécu ce qu’aucun de nous n’aurait jamais pensé vivre, un confinement, chez nous, avec interdiction de sortir. La faute à ce coronavirus, ou covid 19, maladie hautement contagieuse qui s’est répandue sur le monde à une vitesse folle😲. Il apparaît que cette épreuve, autant collective qu’individuelle, m’aura appris pas mal de choses sur moi, sur mes envies, sur mon travail, et sur la vie, tout simplement. Aujourd’hui, il est temps pour moi de faire le bilan de ce confinement lié au coronavirus !

    La famille comme piliers.

    confinement bilanEn temps de crise, l’une des valeurs refuges est la famille. Au tout début du confinement, nous étions à 6, 2 parents et 4 enfants. Nous envisagions de créer un podcast, de travailler dans notre jardin, mais rien ne s’est passé comme nous l’espérions. J’ai été déçu par l’attitude des « fuyards » avec qui nous avions de jolis projets. Tant pis, je me suis focalisé sur mes petits et… mais ça je vous en parle plus tard.

    Durant 53 jours de confinement, avec interdiction de sortir normalement, il a fallu occuper les petits, leur proposer diverses activités dans le jardin (qui est grand, ça aide, je plains d’ailleurs les gens vivants dans des petits appartements, sans balcon). Je m’estime un peu privilégiée tout de même. Donc entretient du jardin, les petits m’aident en détruisant systématiquement tout ce que j’essaye de construire ou de planter😧.

    Nous avons fêté un anniversaire en confinement. Par chance, nous avions prévu le cadeau avant ! Ouf ! Cet anniversaire avait des allures tout à fait normales. L’un des autres inconvénients, outre le fait de devoir occuper les enfants, c’est ce poids que j’ai pris. Je ne me reconnais plus (ou à peine). Après avoir repris mes marques, promis, je me remets au sport !

    De nouvelles envies de travail (malgré une situation précaire)

    Ce confinement m’aura permis de prendre mon téléphone et d’appeler des ami.e.s perdu.e.s de vue depuis un moment. La faute à un emploi du temps toujours tendu, où les temps libres sont aussi rares que la neige en été. C’est-à-dire quasiment inexistants. Mais voilà, j’ai fait ce que je ne prends jamais le temps de faire : prendre des nouvelles. Cela m’a plu, et en même temps m’a révélé qui était important à mes yeux et qui ne le serait plus.

    J’ai eu aussi très peur pour une de mes tantes qui a été atteinte du fameux virus. Eh oui, ça n’arrive pas qu’aux autres. Par chance, elle est aujourd’hui de nouveau négative au coronavirus, même si l’EHPAD dans lequel elle vit a été de nouveau mis en confinement. Mais elle va bien, je suis soulagée🙂 !

    Bilan du confinement

    Une attestation… en botanique !

    Quel bonheur, j’ai mon attestation… J’ai maintenant en plus de connaissances en art-thérapie, reliure et travaux d’aiguilles, des connaissances en botanique. J’ai en effet suivi un Mooc (Tela Botanica) sur internet qui m’a délivré une attestation équivalant à une formation d’initiation à la botanique. JE possède donc désormais des bases solides et réelles ! Vive le confinement ! Jamais je n’aurais pensé que cette discipline me passionnerait tant.

    Connaître les plantes qui nous entourent, comprendre leurs interactions, s’en servir pour se soigner, se nourrir ou, comme moi, les utiliser en tant que teinture naturelle, toute cette connaissance permet de protéger cette richesse, cette biodiversité. C’est une source de satisfaction et de plaisir intense.

    Je vais encore progresser dans cette matière, d’autant que je ne conçois plus ma vie sans ce partenariat.

    Car oui ! ma relation au monde végétal est bel et bien un partenariat que j’essaie de vivre en harmonie avec mon environnement (ce qui inclut des notions importantes de respect du vivant). Il est donc tout naturel que ce blog prenne une nouvelle tournure. Je pourrais échanger en toute modestie sur l’avancée de mon jardin, sur mes nouvelles découvertes de plantes, mais aussi et encore sur mes créations inspirées par cette nature. C’est donc le point très positif de ce bilan du confinement coronavirus 2020 !

    À bientôt.

    Mes écoutes podcasts pendant le confinement : Louie Media

    J’aurai l’occasion d’en reparler dans un tout prochain post car ils font un travail de recherche remarquable sur les émotions d’une manière objective mais aussi intime.

    Si vous voulais lire mon état d’esprit en début de confinement :

    Vous pouvez lire l’article qui s’appelle Coronavirus et émotions.

    bilan coronavirus
  • confinement et émotions
    Fragements de vie

    Coronavirus et émotions : le début du confinement

    Le premier mois de confinement, à cause du coronavirus, et les émotions qu’il suscite.

     

    Cela fait un mois que nous sommes confinés. C’est irréaliste, complètement fou, impensable ! Aujourd’hui, je me sens mieux, mais ce coronavirus, le choc de l’annonce du confinement, aura créé chez moi des émotions violentes, parfois irrationnelles, mais le moment de bascule vient de survenir chez moi. Un certain apaisement remplace désormais la colère.

     

    Une annonce coup de poing du confinement😕.

     

    Je me souviens du tout début du confinement. Nous sentions à la maison que quelque chose se préparait, notamment quand l’État nous annonça, le jeudi, qu’à compter du lundi suivant les écoles seraient fermées, et ce jusqu’à nouvel ordre. Nous avons décidé que nos enfants n’iraient pas au collège le vendredi, que nous n’irions pas voter. Quelle stupidité de la part de notre gouvernement de maintenir la tenue d’élections dans ce contexte ! Quel manque d’intelligence ! Et ce n’était là que le premier des messages contradictoires qui allait me mettre les nerfs en pelote.

    Nous étions enfermé chez nous, privés de nos libertés premières, la faute à un virus qui n’était soi-disant pas plus méchant qu’une grippe. Pas besoin de masque ! Confinement de 15 jours uniquement, mais potentiellement reconductible. On avait vu ce qu’il en était en Italie, je savais que ça durerait plus longtemps que ces 15 jours. J’étais en colère parce que je ne comprenais rien de ce qui se passait.

     

    Un coup dur peut en cacher un autre.

     

    Il faut dire que cette annonce est très mal tombée. Elle faisait suite à mon désir de quitter la boutique Regards de créateurs. J’étais démoralisée, brisée, dans un état de doute incroyable. Mon idéal de boutique et de réussite s’évaporait aussi rapidement que l’espoir qu’il avait engendré. Je me sentais totalement dépourvue, sans repères, sans désir de continuer à produire mes œuvres d’art. Bref, j’étais vidée🤕😢.

    Les premiers jours ont été très durs. Je ne comprenais rien, ni ces mesures d’enfermement, ni le pourquoi du comment nous en étions arrivés là. Je me sentais épuisée, rétamée, sans goût, sans objectifs. Déprime totale quoi ! Envie de dormir tout le temps, de grignoter. Pas envie de prendre un stylo pour écrire ou dessiner, une aiguille pour coudre ou que sais-je ? Je voulais tout foutre en l’air, ce gouvernement qui nous mentait, cette vie de merde qui me ballottait une fois de plus d’espérances en désespoir.

     

    Heureusement…

     

    Fort heureusement, il a fait beau. Nous n’avions pas le droit de sortir dans la rue, mais nous pouvions sortir dans notre jardin. Les enfants étaient contents, se roulaient dans la boue, nous faisaient tourner en bourrique en arrachant les fleurs et autres. Malgré tout, nous avions la chance de pouvoir profiter du grand air, du soleil, contrairement à nos voisins que nous voyions sur leurs minuscules balcons.

    Ces bulles d’oxygène m’ont permis de reprendre un peu pied. Aujourd’hui, je me sens mieux, le plus dur semble derrière moi😎🙂. Les émotions ont été violentes, m’ont montrée que l’on ne peut se fier qu’à nous-même et surtout pas à un gouvernement qui croit qu’il maîtrise l’inconcevable.

  • Fragements de vie,  Regards de créateurs

    Décision de quitter la boutique Regards de Créateurs

    décision

    Après les doutes, la décision.

    Je vous ai parlé de mes doutes dans un précédent article. Ils ne cessaient de m’empêcher de profiter pleinement de l’expérience au sein de la boutique Regards de Créateurs . Ils m’ôtaient même l’envie de continuer à produire de nouveaux carnets. Il me fallait donc prendre une décision. Mais avant cela, je voulais en avoir le cœur net et me suis rendu à la réunion du 12 mars.

    La réunion.

    J’avoue, sans mon mari, je n’y serai probablement pas allée. Pourquoi ? Les échanges que nous avions par mail, certains créateurs et moi, se terminaient souvent, pour ne pas dire toujours, par une forte incompréhension😤. Je ne voulais que proposer des petites choses pour alléger certains, pour montrer mon investissement au sein du collectif. Mais depuis cette réunion manquée, je me trouvais rabrouée assez sèchement, avec des messages souvent moralisateurs.

    Donc, je ne voulais pas me rendre à cette réunion où la presque totalité du collectif devait être présente. C’était pour moi l’occasion de voir tout le monde et de me faire ma propre idée comme me l’avait conseillé une des créatrices. Mon mari m’a convaincu de m’y rendre, pour en avoir le cœur net. Je m’y suis donc rendu et ai rencontré presque tout le monde. Et me suis faite ma propre idée.

    Une ambiance hostile à mon égard.

    Autant le dire tout de suite, l’ambiance était hostile à mon égard, en particulier de la part de Lili. J’ai vite compris que je n’étais pas la bienvenue. L’une des créatrices ne m’a pas regardé de la réunion, pas une seule fois dans les yeux ! Une autre m’a dit qu’il serait bon d’afficher les prix. Elle n’avait même pas ouvert un seul de mes carnets alors qu’ils étaient sur place depuis mi-décembre et qu’une fiche descriptive, avec ce prix, y était insérée durant tout ce temps ! Elle n’en avait rien à faire de mon travail ! Comment le vendre dès lors ? Combien de ventes ai-je ratées par sa faute ?

    On me demandait de m’investir, Ils évoquaient l’idée que je soit trésorière de l’association, sans même m’en parler😮, mais je ne désirais pas l’être, parce que ce poste exige des responsabilités que je ne me sentais pas en mesure d’assumer pour plein de raisons. À la place, je proposais de remplacer celui ou celle qui deviendrait trésorière en assumant certains de ses jours de présence en boutique. J’ai été mise en boîte par Lili assez sèchement, certains prenant néanmoins ma défense en argumentant que c’était exactement ce que je disais qui était une preuve d’investissement. Mais non, la cheffe en décidait autrement.

    Le malaise grandissait. Je me sentais mal.

    Ma décision de quitter la boutique.

    Après la réunion, je suis sortie de la boutique avec Stéphanie et Thibault, le photographe de la boutique. Nous avons discuté un peu et quand Thibault nous a quittées, j’ai parlé plus longuement et à cœur ouvert avec Stéphanie qui depuis notre rencontre restait positive à mon égard. Elle est tombée des nues lorsque je lui ai dit tout ce que Lili avait bavé sur le dos des créateurs. Elle était choquée ! A priori, j’étais la seule à qui l’on avait fait ces confidences gênantes et pesantes.

    Je suis rentrée chez moi dans un drôle d’état. J’étais en colère, déçue, totalement démoralisée. Et puis il y avait ce truc, ce coronavirus qui arrivait. J’avais peur. Peur de retourner à la boutique parce que peur de tomber sur des gens venimeux qui me ferait du mal par leurs mots blessants. Peur d’y aller la boule au ventre. Peur de ne plus réussir à avoir envie de créer car même les membres du collectif n’ouvraient pas mes carnets ! J’ai donc pris ma décision d’arrêter la boutique.

    L’annonce.

    Il a fallu l’annoncer cette décision. Et ce ne fut pas chose aisée. Tout s’est passé par mail. Ça a été violent. Très violent. Je rappelle que je n’ai toujours pas reçu mon contrat signé à cette date. Bref, j’ai dit que j’arrêtais, on m’a dit « comme c’est bizarre, juste au moment où on annonce un confinement » alors que j’avais parlé de mes doutes le 12 à la réunion. Nous sommes le 14, jour de mes 43 printemps ! Tu parles d’un joyeux anniversaire ! Suite à ma décision, on m’a dit que je ne récupérerais pas mes chèques de caution😡 !

    J’ai demandé à être mise en contact avec le président de l’association pour que j’explique ce qui clochait par rapport à la restitution de mon contrat. Que je voulais qu’on me prouve mes fautes alors même que je n’avais jamais eu de fiches descriptives de mon travail comme les autres créateurs en avaient (bilingues qui plus est), que je ne figurais même pas sur la plaquette qui annonçait les créateur dits « permanents » (au bout de 4 mois !), tandis que ceux qui avaient depuis quitté la boutique y figuraient encore !

    Prise de haute par certains créateurs, j’ai déballé tout ce que j’avais sur le cœur, on m’a traité d’affabulatrice! J’étais dans un état horrible🤮, je leur ai dit qu’ils pouvaient tout garder de mes créations, utiliser le papier de mes carnets comme papier toilette comme il y avait une pénurie ! Que je ne rendrai ma clé que lorsque j’aurai vu le président de l’asso etc. Au final, j’ai reçu un message me disant que je récupérerais tout mais que j’étais irrespectueuse !

    Aujourd’hui.

    J’étais véritablement hors de moi. Heureusement, j’ai pu échanger avec des créatrices qui étaient parties de la boutique et mes ressentis n’étaient pas tous infondés, que j’avais eu raison et que je n’avais pas été irrespectueuse. Je me suis sentie mieux. Aujourd’hui, je vais bien. Enfin bien… Je ne me sens pas trop mal, mais je suis vidé de toute envie de refaire des carnets. Je ne veux plus en entendre parler. Je veux tous les détruire, ils ne valent rien, ils ont été souillés par cette expérience nocive.

    Et puis on est confiné maintenant. C’est quoi cette histoire😮? J’ai peur. Très peur, pour moi, pour mes enfants. Je n’ai plus de goût à la création, plus du tout. Je ne vois pas qui pourrait avoir envie de mes carnets. Ça ne sert à rien. J’arrête et vais essayer de vivre « normalement » auprès des miens. Je ne sais pas ce que réserve ce confinement. Je vais écrire chaque jour, « Mon journal de confiné » pour essayer de reprendre pied.