Fragements de vie

Ma vérité n’est pas la vérité

Mon Cher journal, lundi 17 Janvier 2022

lundi 18h30 je suis rentrée à la maison. Mes deux jours de formation « s’inspirer du marché du luxe » sont terminées.
Je fais le bilan de cette journée et s’il y a une chose que je retiens à chaud c’est que : MA vérité n’est pas LA vérité. Ça veut dire quoi?

.Du point de vu des neurosciences.

Nos idées, nos pensées naissent à travers des facteurs que nous ne maîtrisons pas tels que notre ADN, notre éducation et notre personnalité. Nos idées sont influencées par notre vécu de notre naissance à aujourd’hui. Je n’invente pas cette théorie, ce sont les neurosciences qui l’ont découvert et mon formateur en a fait un chapitre entier dans sa formation. Ce qui est fort intéressant car si notre histoire est un peu « pourrie » si on ne prend pas conscience et ne lutte pas contre nos fausses croyances, l’évolution vers nos désirs est peu réalisable. Il explique que là où l’on peut agir, c’est sur ce que l’on fait de ces idées :

Est-ce-qu’on les croit ou est-ce-qu’on les remet en question ? pourquoi je pense cela, qu’est-ce-qui me fait penser à cela ???

Tu sais quoi, cher journal, c’est plutôt malin d’incorporer des notions de neuroscience dans une formation telle que celle-ci, car on comprend vite le sabordage ou le sur place d’une activité entrepreneuriale.

.C’est quoi un créatif.

La première journée de formation on a décortiqué qui est le créatif, toujours d’un point de vue objectif de la neuroscience, et là les mots sont posés :

Pour ma part, que je le veuille ou non, mon cerveau à une certaine manière de fonctionner, avec une forte proportion à l’imaginaire et à la lenteur dans mes choix. Je n’ai pas la faculté d’être rationnelle au premier abord. Je comprends certaines phrases qui m’ont été rabâchées « Marielle arrête de rêver », « ah la petite dernière on ne sait pas trop ce qu’on va en faire » « l’art, ne fait pas vivre »  « choisi un vrai métier » « Il faut aller plus vite » « Mais d’où ça lui vient »… Je comprends pourquoi aujourd’hui le mot artiste est si péjoratif pour moi. Depuis toute petite je lutte férocement pour ne pas avoir cette étiquette.

.Mes fausses croyances.

Quant à la deuxième journée de formation, c’est là encore une sacrée révélation qu’il faut que je digère. La vie commencerait bien avant la naissance. Étant une enfant abandonnée et l’ayant occulté (c’est pas si grave, finalement ma vie commence quand j’ai été adopté, je suis noire dans une famille blanche, ba, c’est juste une couleur de peau, je suis gênée en présence d’un noir, c’est bizarre, je pleure quand je vois les ségrégations raciales, bizarre aussi, d’où ça vient ? La première chose que j’ai su faire en peinture ce sont les visages à peaux noires….Bref et j’en passe)

Alors si Ma vérité n’est pas La vérité, dire que :

  1. Mes carnets sont moches et c’est pour cela que je ne vends rien, c’est faux ?
  2. Mes carnets sont trop chers, il faut baisser le prix, c’est faux.
  3. Mes carnets ne font pas le poids face à des carnets de grandes surfaces, pas comparable !
  4. Je n’ai pas de talent pour créer de jolis carnets, faux !….
  5. L’injonction de dire : Je ne pourrais jamais vivre de mon activité est fausse aussi ???

Au bout de ces 2 journées de formation on peut dire que tout c’est écroulé :

  • Ce que je croyais être.
  • Ce que je croyais faire.
  • Ce que je croyais devoir faire.

.L’heure de l’introspection.

Quand je réfléchis au plus profond de moi-même je me rends compte que cette activité de reliure, je l’a fait par dépit. Pourtant, aujourd’hui je n’ai rien d’autre et par manque de courage je n’ai pas essayé de regarder plus loin. Je me suis convaincue que je finirai bien par adhérer au moule, avec le temps ! . À l’époque, je l’ai choisi car je n’arrivais pas à trouver de poste d’art-thérapeute et que j’étais spécialisée dans le remplissage de journal intime, dans la ré-écriture de sa vie. Je me suis naturellement tournée vers l’objet, carnet, album, livre, et je me suis formée. Faire de mes mains m’a permis de dériver ma frustration, m’enregistrer à la chambre des métiers me permettait de garder un pied dans le créatif et j’ai découvert l’univers de l’entrepreneuriat, un milieu passionnant.

Au fil de ces 5 ans, Je fais le bilan que je ne suis toujours pas rentrée dans le moule, dès que je me mets à l’ouvrage, je stresse, le plaisir n’y est plus. Je bloque sur l’exigence de la technique, du temps que je mets qui est beaucoup trop long avant d’aboutir à quelque chose qui me satisfasse, et si j’arrive au bout, le moment de fixer le prix est une souffrance.

.Alors.

Cette formation cher journal c’était pour voir, découvrir un milieu que je ne connaissais pas : le milieu du luxe. Je cherchai aussi des réponses face aux objections que j’ai toujours rencontrées vis-à-vis de mes carnets.

Et maintenant ????

j’ai pu identifier que les carnets étaient un prétexte à quelque chose. Mais c’est quoi, ce quelque chose ?

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