Décision de quitter la boutique Regards de Créateurs

décision

Après les doutes, la décision.

Je vous ai parlé de mes doutes dans un précédent article. Ils ne cessaient de m’empêcher de profiter pleinement de l’expérience au sein de la boutique Regards de Créateurs . Ils m’ôtaient même l’envie de continuer à produire de nouveaux carnets. Il me fallait donc prendre une décision. Mais avant cela, je voulais en avoir le cœur net et me suis rendu à la réunion du 12 mars.

La réunion.

J’avoue, sans mon mari, je n’y serai probablement pas allée. Pourquoi ? Les échanges que nous avions par mail, certains créateurs et moi, se terminaient souvent, pour ne pas dire toujours, par une forte incompréhension😤. Je ne voulais que proposer des petites choses pour alléger certains, pour montrer mon investissement au sein du collectif. Mais depuis cette réunion manquée, je me trouvais rabrouée assez sèchement, avec des messages souvent moralisateurs.

Donc, je ne voulais pas me rendre à cette réunion où la presque totalité du collectif devait être présente. C’était pour moi l’occasion de voir tout le monde et de me faire ma propre idée comme me l’avait conseillé une des créatrices. Mon mari m’a convaincu de m’y rendre, pour en avoir le cœur net. Je m’y suis donc rendu et ai rencontré presque tout le monde. Et me suis faite ma propre idée.

Une ambiance hostile à mon égard.

Autant le dire tout de suite, l’ambiance était hostile à mon égard, en particulier de la part de Lili. J’ai vite compris que je n’étais pas la bienvenue. L’une des créatrices ne m’a pas regardé de la réunion, pas une seule fois dans les yeux ! Une autre m’a dit qu’il serait bon d’afficher les prix. Elle n’avait même pas ouvert un seul de mes carnets alors qu’ils étaient sur place depuis mi-décembre et qu’une fiche descriptive, avec ce prix, y était insérée durant tout ce temps ! Elle n’en avait rien à faire de mon travail ! Comment le vendre dès lors ? Combien de ventes ai-je ratées par sa faute ?

On me demandait de m’investir, Ils évoquaient l’idée que je soit trésorière de l’association, sans même m’en parler😮, mais je ne désirais pas l’être, parce que ce poste exige des responsabilités que je ne me sentais pas en mesure d’assumer pour plein de raisons. À la place, je proposais de remplacer celui ou celle qui deviendrait trésorière en assumant certains de ses jours de présence en boutique. J’ai été mise en boîte par Lili assez sèchement, certains prenant néanmoins ma défense en argumentant que c’était exactement ce que je disais qui était une preuve d’investissement. Mais non, la cheffe en décidait autrement.

Le malaise grandissait. Je me sentais mal.

Ma décision de quitter la boutique.

Après la réunion, je suis sortie de la boutique avec Stéphanie et Thibault, le photographe de la boutique. Nous avons discuté un peu et quand Thibault nous a quittées, j’ai parlé plus longuement et à cœur ouvert avec Stéphanie qui depuis notre rencontre restait positive à mon égard. Elle est tombée des nues lorsque je lui ai dit tout ce que Lili avait bavé sur le dos des créateurs. Elle était choquée ! A priori, j’étais la seule à qui l’on avait fait ces confidences gênantes et pesantes.

Je suis rentrée chez moi dans un drôle d’état. J’étais en colère, déçue, totalement démoralisée. Et puis il y avait ce truc, ce coronavirus qui arrivait. J’avais peur. Peur de retourner à la boutique parce que peur de tomber sur des gens venimeux qui me ferait du mal par leurs mots blessants. Peur d’y aller la boule au ventre. Peur de ne plus réussir à avoir envie de créer car même les membres du collectif n’ouvraient pas mes carnets ! J’ai donc pris ma décision d’arrêter la boutique.

L’annonce.

Il a fallu l’annoncer cette décision. Et ce ne fut pas chose aisée. Tout s’est passé par mail. Ça a été violent. Très violent. Je rappelle que je n’ai toujours pas reçu mon contrat signé à cette date. Bref, j’ai dit que j’arrêtais, on m’a dit « comme c’est bizarre, juste au moment où on annonce un confinement » alors que j’avais parlé de mes doutes le 12 à la réunion. Nous sommes le 14, jour de mes 43 printemps ! Tu parles d’un joyeux anniversaire ! Suite à ma décision, on m’a dit que je ne récupérerais pas mes chèques de caution😡 !

J’ai demandé à être mise en contact avec le président de l’association pour que j’explique ce qui clochait par rapport à la restitution de mon contrat. Que je voulais qu’on me prouve mes fautes alors même que je n’avais jamais eu de fiches descriptives de mon travail comme les autres créateurs en avaient (bilingues qui plus est), que je ne figurais même pas sur la plaquette qui annonçait les créateur dits « permanents » (au bout de 4 mois !), tandis que ceux qui avaient depuis quitté la boutique y figuraient encore !

Prise de haute par certains créateurs, j’ai déballé tout ce que j’avais sur le cœur, on m’a traité d’affabulatrice! J’étais dans un état horrible🤮, je leur ai dit qu’ils pouvaient tout garder de mes créations, utiliser le papier de mes carnets comme papier toilette comme il y avait une pénurie ! Que je ne rendrai ma clé que lorsque j’aurai vu le président de l’asso etc. Au final, j’ai reçu un message me disant que je récupérerais tout mais que j’étais irrespectueuse !

Aujourd’hui.

J’étais véritablement hors de moi. Heureusement, j’ai pu échanger avec des créatrices qui étaient parties de la boutique et mes ressentis n’étaient pas tous infondés, que j’avais eu raison et que je n’avais pas été irrespectueuse. Je me suis sentie mieux. Aujourd’hui, je vais bien. Enfin bien… Je ne me sens pas trop mal, mais je suis vidé de toute envie de refaire des carnets. Je ne veux plus en entendre parler. Je veux tous les détruire, ils ne valent rien, ils ont été souillés par cette expérience nocive.

Et puis on est confiné maintenant. C’est quoi cette histoire😮? J’ai peur. Très peur, pour moi, pour mes enfants. Je n’ai plus de goût à la création, plus du tout. Je ne vois pas qui pourrait avoir envie de mes carnets. Ça ne sert à rien. J’arrête et vais essayer de vivre « normalement » auprès des miens. Je ne sais pas ce que réserve ce confinement. Je vais écrire chaque jour, “Mon journal de confiné” pour essayer de reprendre pied.