methode bullet journal

La méthode Bullet Journal par Vert Garance

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Une méthode, un outil, le Bullet journal ou Bujo

Le Carnet de type Bullet journal, contracté sous la forme « Bujo », est avant tout un outil d’organisation.

Suivant notre personnalité la méthode s’adapte. Selon nos envies et nos besoins, nous pouvons le personnaliser mais n’oublions jamais ceci : cet objet doit être utile et nous faire gagner du temps !

Quel matériel faut-il ?

Il existe des carnets dédiés à cette pratique, que vous pouvez trouver dans le commerce à des prix divers. Concernant les crayons, vous pouvez vous servir d’un simple crayon bic, en passant par le stylo à plume, jusqu’à aller, pourquoi pas, aux crayons techniques de type Micron. Vous pouvez également utiliser des feutres, les crayons de couleurs… À ce niveau également, l’univers est vaste et peut correspondre à vos envies et besoins. Il est important de choisir le matériel avec lequel vous vous sentirez à l’aise, avec lequel vous prendrez du plaisir.

Le Bujo en question.

Chez les puristes le bullet est composé de 4 grands principes :

 

  1. -Un titre clair et précis pour chaque partie que l’on va créer.
  2. -une numérotation de chaque page qui sera reportée dans un index en début de carnet.
  3. -des puces qui sont présentes pour simplifier et synthétiser les choses à faire.
  4. -une prise de notes par mots-clés pour ne retenir que l’essentiel à associer à un code visuel pour suivre ses taches plus aisément.

Des pages maîtresses du bullet journal :

L’index. Comme son nom l’indique, il s’agit du sommaire. Il est très pratique pour se référer à ce qu’on a écrit. Ne négligez pas sa fonction, il est un réel facilitateur de vos tâches, notamment quand le bujo sert aussi bien à l’organisation de votre vie professionnelle qu’à votre vie privée.

index bujo

Aujourd’hui j’ai changé ma méthode et je n’utilise plus d’index car je travaille sur un petit cahier au mois. J’y retranscris seulement les 4 semaines du mois et organise uniquement la vie de ma microentreprise. j’ai ajouté 1 à 2 pages d’illustrations qui me servent comme un traker dessin. Cela représente donc seulement 6 pages/semaine, d’où ce choix de travailler sur un cahier et non un carnet.

On retrouve ensuite 3 sortes de planning qui sont :

  • la vue à long terme,
  • la vue à moyen terme,
  • la vue à court terme.

Personnellement, je n’utilise pas la vue à long terme dans mon bujo pour une raison d’espace et de visualisation. Ma vue à long terme est inscrite sur une feuille A3 et affichée dans mon atelier, ainsi j’y ai toujours accès, de façon très visuelle. Je peux de plus la modifier facilement car j’utilise des minis post’it repositionnables.

La vue à moyen terme est inscrite en début de cahier. J’utilise aussi des post-it pour une question de mobilité et pour ne pas figer mes taches (sinon elles pourraient vite me déprimer si je m’aperçois que je n’ai pas de marge de manœuvre dans mon organisation). J’ai un grand besoin d’organisation, mais j’ai paradoxalement besoin de me savoir libre, de pouvoir adapter mon temps au fur et à mesure des contraintes qui sont les miennes.

En utilisant les post’it je peux déplacer certaines taches si je suis en retard dans mes productions, voire les jeter si la tâche à réaliser n’est plus adaptée.

Cette façon de procéder demande en revanche de prendre un temps hebdomadaire pour valider ou faire évoluer les taches et objectifs à atteindre. J’ai 2 pages par semaine consacrées à vérifier le temps par rapport à mes objectifs.

Enfin la vue à court terme qui est un planning semaine au jour le jour.

Dans celui-ci, certaines informations sont inscrites au crayon car elles représentent des incontournables (tâches fixes donc). Vous l’aurez compris, inscrites dans mon « petit cerveau », je ne peux pas déplacer la chose… Et d’autres taches sont inscrites sur un post-it afin de pouvoir moduler les tâches en fonction de mes contraintes.

Les codes graphiques et de couleurs

En bas de page, je note mes codes graphiques :

  • fait,
  • pas fait,
  • reporté.

J’ai également un code couleur pour pouvoir répartir correctement toutes les tâches indispensables à réaliser pour faire tourner ma microentreprise (administration, direction, production, communication et vente).

Il y a des tâches que je n’aime vraiment pas faire et si je ne les échelonne pas, j’ai vite fait de ne me concentrer que sur la création !!! Ah ce cher petit cerveau (le vrai cette fois-ci) qui n’aimerait faire que ce qui lui plaît…

Les pages à thème

Ensuite viennent les collections. À mes tous débuts, comme une bonne élève, j’en inscrivais beaucoup, du type listes d’envie, DIY à essayer, liste de citations…

J’ai aussi réalisé des trackers, c’est-à-dire des tableaux pour faire un suivi de certaines habitudes (temps de lecture, sport, pratique artistique, heure du coucher…).

Aujourd’hui, je n’ai plus le temps de faire cela. Je me suis vite rendue compte que l’organisation devenait vite un piège à tracer des lignes, remplir des casses au détriment du temps si court et si précieux de création.

De ce temps, je n’ai gardé que 2 pages libres pour dessiner des motifs, des dessins, des idées de création… Résultat : un rendu beaucoup plus épuré. Les dessins me constituent une bibliothèque visuelle et un entraînement graphique quotidien.

traker bujo
planning mensuel bujo
colletion bujo

Le plus important quand on utilise le bullet journal.

Il existe beaucoup de codes balisés dans la méthode bujo, mais après 4 années à expérimenter, je dirais que le plus important est avant tout de se poser et de se demander « de quoi ai-je besoin  pour améliorer ma gestion du temps ? » Et ainsi au fur est à mesure être plus proche de sa propre organisation et besoins.

Pour appuyer l’idée d’être au plus proche de ses besoins, je ne vous conseillerai que de confectionner vous-même le carnet ou cahier de vos rêves. Vous obtiendrez ainsi une satisfaction totale ! Le proverbe ne dit-il pas : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même »

Si toute fois, c’était vraiment difficile, faute de temps, de connaissances techniques je vous conseillerai d’utiliser un carnet déjà en votre possession, histoire de tester la méthode et ainsi découvrir de quoi vous avez réellement besoin. Tester, essayer est une bonne manière pour acquérir de l’expérience et être au plus près de vous-même.

Concernant les crayons, c’est la même chose. Avant d’investir, vous avez en votre possession beaucoup de crayons ! Et n’hésitez pas à piquer les crayons de vos enfants ou collègues également. Le tout est de savoir si ce medium vous plaît ou non. Est pratique ou non. Vous donne envie de progresser dans votre organisation ou non….

Pour aller plus loin sur le sujet

vous avez le livre et le site internet de Julie de zunzun

Petit guide pour Grand Bullet aux éditions Le temps apprivoisé

Son blog zunzun

Pour s’essayer en groupe facebook : “Bullet Journal Créatif: Méthode R. Caroll, la créativité en plus”

Et si vous voulez créer et relier vous-même votre bujo, rendez-vous à la rubrique « contact » et faites le moi savoir. C’est avec grand plaisir que je vous guiderai.

noire

Peut-on réussir sa carrière en tant que personne noire ?

Posté dans : Fragements de vie 0

Je m’interroge sur la condition des femmes noires…

… en particulier quand, comme moi, elles sont noires et plasticiennes. Bref, peut-on réussir quand on est noire et plasticienne ? Peuvent-elles réussir dans notre pays, ou dans tout autre pays à dominante blanche/caucasienne ? Cette question intervient dans cette période de faits horribles d’actualités, mais pas uniquement. En effet, ayant été danseuse puis artiste de cirque, en plus de simple citoyenne française, née à Paris, ma carrière a toujours eu du mal à « décoller ». Est-ce un frein dû à ma négritude ou bien quelque chose de plus profond, un manque de confiance inspiré par ma couleur de peau ?

L’histoire de George Floyd ou Adama Traoré.

Je ne sais pas si les deux événements ont tant en commun que cela. L’un était Français, l’autre Américain. Tous deux étaient noirs. Tous deux sont morts. Après un « contact » avec la police. La mort d’Adama Traoré en revanche reste sans réponses claires, tandis que celle de George Floyd a été filmée, ne laissant aucun doute quant aux causes de son décès. Tous les noirs savent que leur couleur est une cause certaine de contrôle plus ou moins poussé de la police. J’en ai personnellement fait les frais.

Tout comme du racisme « ordinaire ». Même au sein de ma propre famille. Parce que j’ai été adoptée étant enfant, par une famille blanche (mes parents biologiques sont martiniquais), ce qui n’empêchaient pas certains propos très limites de s’inviter à table, en famille. Le quotidien quoi. Les effets sur moi, quant à ma couleur de peau, ont toujours eu des racines profondes, sur ma confiance en moi, sur ma condition de personnes. Celles-ci font qu’aujourd’hui, plus que jamais, je m’interroge.

peinture sur bois, Vert Garance

livre objet, Vert Garance

Livre textile, Vert Garance

La danse et le cirque.

Je n’ai pas véritablement percé dans la danse. Je me suis sabordée toute seule, comme une grande (consciemment ou inconsciemment), alors que j’étais au conservatoire de Paris. Pourtant, j’en avais bavé pour arriver-là. Mais les mauvaises fréquentations. Bref… Au cirque, ça a mieux marché, mais j’ai subi le racisme sous une forme plutôt étrange, notamment quand j’apprenais la technique de fildefériste. Un de mes professeurs voulait que je fasse une Joséphine Baker sur fil, avec ceinture de banane et tout le toutim. J’ai refusé, évidemment. Puis en auditionnant pour une école célèbre de cirque, en France, je suis persuadé d’avoir été évincé parce que je ne faisais pas « couleur locale ».

Ces refus et échecs ne m’ont pas empêché de créer mes spectacles et de vivre de mon art pendant des années. Aujourd’hui, je suis plasticienne relieuse, créatrice de carnets sensuels et ludiques. Et je m’interroge énormément sur les freins liés à ma couleur. En effet, très peu de gens de couleur percent dans le domaine de la création. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil sur les réseaux sociaux ou les boutiques de créateurs. C’est blanc de chez blanc, plus blanc que si c’était lavé avec Omo !

Le regard que l’on nous porte et celui que nous nous portons nous-même.

Alors cela vient-il de moi et d’un « délire » de persécution ou du regard que les autres me portent ? Sans doute des deux. Être noire, c’est ne pas être prise au sérieux, encore moins quand on est une artiste. Être noire, c’est devoir se justifier, en permanence. Cela vaut évidemment aussi au masculin. Je pense aussi que quelque chose s’installe en nous dès l’enfance, un sentiment qui ne nous quitte jamais vraiment, qui peut s’intensifie lorsque nous subissons une fouille au corps tandis que la personne qui nous accompagne, une blanche, ne doit que tendre sa carte d’identité.

Pourtant, je suis fière de mes origines, de ma négritude. Je suis fière également d’être maman de trois enfants, métisses. Je me dis qu’eux auront sans doute la chance de ne pas subir, grâce à ce qui se passe actuellement, les mêmes sortes de contrôle au faciès. Surtout pas à cause d’un détail de pigmentation de leur peau. Ma couleur m’inspire des œuvres, des peintures, des « illustrations » dans mes carnets, tout un imaginaire également, sans pourtant remettre en cause ma capacité à faire de la reliure, aussi bien, peut-être mieux, que certains autres de couleur blanche. Pourtant, eux, se verront ouvrir plus de portes. C’est injuste, mais je continuerai mes créations parce qu’elles font partie de moi, qu’elles sont moi.

Alors, peut-on réussir quand on est une femme noire et plasticienne ? je n’en sais rien, mais je me battrais pour et, peut-être, réussirai-je moi aussi ?

Podcast sur le sujet : travail (en cours)

https://louiemedia.com/travail-en-cours/10-injonction-pedagogie

La genèse du livre objet :

visage incrusté, “Carnet Afrique”

Peinture sur toile, Vert Garance

negritude

Être créatrice de carnets au temps du confinement

etre creatrice

Ça veut dire quoi être créatrice ?

 

Tout d’abord, pendant ce confinement, je me suis demandée si j’étais bien une créatrice de carnets🤔. Je possède une technique classique de reliure donc on peut dire que je suis relieuse : je sais assembler un livre par une couture et je sais réaliser une couverture pour le protéger. Alors suis-je créatrice ??? et de carnet ??? où est le texte écrit, le bon vieux bouquin avec son histoire qui nous transporte hors de notre quotidien ??? Eh bien il n’est pas.

 

1/Être créatrice de carnets c’est, pour moi, une notion bien plus grande :

 

-Créateur ça suppose d’imaginer un design de carnet et d’être concepteur de celui-ci de A à Z. Réfléchir à la forme, aux matériaux et aux matières, couleurs. C’est aussi être équipé pour transformer ces éléments, c’est chercher des alternatives aux problèmes rencontrés et croire dur comme fer que tout est possible dans la conception. Cela consiste aussi à aller chercher des idées de fabrication nouvelles, mélanger certaines techniques et/ou matière pour obtenir un petit quelque chose d’unique.

 

-Le carnet, lui, suppose une grande liberté de contenu de page. Mais ce qui me botte, ce qui est encore plus génial, c’est sa finalité. C’est le propriétaire lui-même qui raconte l’histoire qu’il veut raconter, que cela soit avec des mots (avec ou sans sens), avec du dessin (chiadé ou gribouillage) ou que cela soit pour coller des images. Le propriétaire du carnet est le seul maitre à bord, c’est lui qui a le dernier mot.

 

-En tant que créateur ou créatrice de carnet, il va de soi que j’en possède de nombreux, de toutes les tailles, certains avec des écrits, d’autres avec des vides, des justes commencés, des pas finis, des sérieux, des pas du tout sérieux bref c’est une passion. Et évidemment, il va sans dire que j’aime écrire, dessiner, « crabouiller » toutes les idées qui me passent par la tête.

2/ Être créatrice de carnet pendant le confinement.

 

J’ai comme tout le monde été choquée par cette période. Il y a moins d’un an j’ai voulu essayer d’assumer mon statut de créatrice de carnets en tant que professionnelle. Malheureusement ma première expérience de boutique a été plus que difficile (vous pourrez retrouver des témoignages sur le blog). Donc, choc psychologique global qui a eu pour conséquence de mettre ma créativité en berne. Mais il se trouve que pendant ce temps de parenthèse des choses positives sont apparues. Car confinement ou pas, il faut connaître le rythme des créateurs.

 

Tout d’abord il y a ce temps de recherche, qu’il soit actif ou passif, et ce temps peut parfois être très long. Personnellement il m’est arrivé de mettre plus d’un an pour aboutir à un projet. C’est long pour un projet d’à peine 20 cm sur 28 et d’une épaisseur de 6 cm😲.

 

Puis il y a le temps de conception qui lui aussi peut être plus ou moins long suivant les obstacles rencontrés. Parfois il y a des temps de pause et le commencement d’un nouveau projet pour cause de commande ou d’urgence d’une idée qu’il me faut évacuer… Bref tout cela pour dire que le temps est l’un des partenaires (choisi ou imposé) du créateur.

3/quelques créations du confinement.

 

Pendant ce confinement, j’ai beaucoup joué, expérimenté sur l’impression écologique :

– Avec l’ecoprint, même si le printemps n’est pas la meilleure saison du fait que le suc des feuilles est encore jeune. J’ai quand même essayé de nouvelles expériences avec des plantes comme le souci, la fleur de carotte, la feuille de marronnier. J’ai beaucoup plus expérimenté sur du tissu, ce qui m’a obligé à faire plus de recherches sur l’oxyde de fer (j’aurai occasion d’en reparler).

 

-Sur la teinture de tissu, j’ai essentiellement travaillé l’avocat car j’aime les couleurs passées et ce résultat rose et une pure merveille. J’ai pas mal expérimenté le jaune avec le curcuma que je connais déjà bien, mais j’ai expérimenté aussi la pelure d’oignon. J’ai toujours eu un a priori avec cette matière, de peur qu’une odeur nauséabonde se répande dans la maison ou reste imprégnée sur le tissu, mais non ! Au contraire, belle surprise et rendu au top.

 

-En création carnet, j’ai travaillé le format mini, même rikiki, le tout avec des reliures classiques. C’est fou c’est presque plus long à faire qu’un carnet « normal » ! Je me suis réellement amusée à les faire et cela m’a permis de mettre de la légèreté durant cette période étrange qui entravait mon envie de reprendre mon activité 😊.

Aujourd’hui,

 

j’ai plein d’envies pour mon activité. J’espère sincèrement qu’elle rencontrera son public, des personnes aimant s’exprimer à travers des pages. Et puis j’avoue aussi que créer une entreprise, c’est beaucoup de stress mais aussi beaucoup de bonheur. Un peu comme un enfant qu’on accompagne. On essaye de lui donner le meilleur et ce qui est génial c’est de grandir en même temps que lui. À très bientôt pour de nouveaux articles dans lesquels je vous parlerai de l’importance de tenir un carnet.